ASSOCIATION LA FORET NOURRICIERE

Permaculture et ecosystemes comestibles

Article de Franck Nathié sur l'éducation

L'enthousiasme, cet engrais qui fait fleurir l'enfance ...

Depuis que les mammifères existent, les petits de toutes les espèces d’animaux sociaux supérieurs (singe, loup, chevaux, vaches, rats, etc.) apprennent par mimétisme en observant, et l’humain ne fait absolument pas exception à la règle. Les enfants de tous les peuples autochtones ne sont pas éduqués, mais accompagnés vers l’âge adulte plutôt que forcés.

Les enfants apprennent par enthousiasme à ressembler à leurs parents, à évoluer, à grandir, à découvrir. La volonté vient d’eux et ils dévorent l’information avec une curiosité de morfales.

Quand des occidentaux demandent aux  indiens Kogis comment ils élèvent leurs enfants, ils ne comprennent pas la question car ils n’ont pas de mot équivalent, si ce n’est grandir, ou encore évoluer, se développer, mais ils ont bien conscience que c’est à l’intérieur de chaque enfant et qu’ils n’ont strictement rien à faire d’autre qu’ETRE simplement en présence des enfants et de jouer avec eux.

On pense souvent que la lecture et l’écriture ne peuvent s’apprendre qu’à l’école, qu’un enfant laissé à lui-même sans éducation, est forcément en danger et qu’il est inconscient, en tant que parent, de ne pas mettre ses enfants à l’école.

Même si les écoles et les collèges actuels ont une éducation basée sur : 

  • le jugement,
  • la compétition,
  • la comparaison,
  • la limitation aux modes oral et visuel (absence de kinesthésie),
  • un rythme imposé aux groupes, alors que chaque être a son propre rythme.
  • une pensée linéaire là où des enfants comme moi ont besoin d’une pensée arborescente
  • la violence et l’insécurité, que l’on ressent à être comparé, critiqué, mis en avant de force (au tableau !) sans parler des bagarres, drogues et autres

A la base, l’éducation a été créée pour former des élites militaires et spirituelles (religions et armées) à une époque où il y avait nécessité pour un pays d’être plus fort que le voisin.

Petit à petit, ON (le bas peuple) a revendiqué le droit à recevoir ce savoir en pensant que seul le formatage de force fonctionnait alors que tous les savoirs sont appris 50 fois plus facilement dans le jeu et l’enthousiasme.

Je pense que pour certains, l’école a été bénéfique, mais que pour les personnes comme moi, c’est un véritable poison culturel qui m’a mis en échec et fait douté de moi.

La réalité est que si on laisse un enfant tranquille et que l’on ne le force à rien, spontanément, il joue ! Il Joue encore. Et encore !

C’est dans son programme et c’est la voie la plus naturelle de l’apprentissage qui lui donne le plus haut niveau de présence, de concentration et  de mémorisation.

Au début, on est passionné par les jouets simples, et petit à petit, on veut des jouets plus complexes et on passe des lego au mécano, du jeu électronique à l’ordinateur, de l’ordinateur à l’entreprise. Les lego, le mécano donnent toutes les notions de base de calcul mathématique et de géométrie, le jeu électronique et l’ordinateur force à savoir lire et comprendre les signes.

Et tout se fait doucement, challenge par challenge et cela, sans aucune éducation, mais avec un apprentissage basé sur l’envie d’apprendre et de découvrir en allant vers ce qui nous intéresse en laissant aux choses le temps de se mettre en ordre d’elles-mêmes.

André Stern a eu ce parcours ainsi que bon nombre d’enfants, qui tous dans leur genre sont qualifiés de surdoués ou de génies selon les critères de l’éducation nationale.

Selon celle-ci, les génies représentent, en moyenne, un à deux pour cent des élèves (ainsi triés selon eux après avoir imposé à la population de passer sous leur formatage forcés)

Selon André Stern, seulement deux pour cent des enfants ne sont pas des futurs génies qui vont révolutionner le monde ! Tous dépendent de la façon dont les adultes vont tuer ou pas l’enthousiasme et la prédisposition à apprendre de l’enfant, par des brimades, des punitions enrobées d’injonctions contradictoires et de manipulations de la réalité de l’enfant

Je me retrouve dans le parcours d’André, à la différence que je suis allé à l’école et que ça a été un cauchemar, car j’ai subi la méthode globale de lecture,  inventée dans les années 80 et j’étais dyslexique, donc un peu lent à la comprenette ; j’ai passé toute ma scolarité à rester dans le rang du fond dans l’échec et la peur d’être un nul. 

C’est à 17 ans en entrant en apprentissage alterné (travail/école) que j’ai pu aller à mon rythme et comprendre comment ma mémoire fonctionne, apprendre par moi-même des disciplines et des notions que l’on m’avait forcé à apprendre quand j’étais petit à l’école et que je n’avais pas pu intégrer ou pire, que j’avais intégré de travers et que j’ai du désapprendre.

Je me suis rendu compte à quel point j’apprenais plus vite en ne faisant que des choses qui me passionnent. Et que, dans le fond, je n’étais pas si nul que ce que l’éducation nationale et mes parents m’avaient étiqueté. Je me suis même mis à être dans les premiers de la classe dans des disciplines qui me rebutaient au départ. 

Petit à petit, j’ai repris confiance en moi et me suis mis à apprendre pendant les pauses au travail, à l’école et partout où je pouvais.

J’ai appris hors de l’école :

  • A lire correctement (avec la méthode pédagogique du B/A BA)
  • A travailler tous les matériaux (bois, fer, pierre, plastique) et à bricoler et réparer n’importe quoi qui tombe en panne
  • Le dessin d’art, la sculpture et l’histoire de l’art qui m’ont permis de devenir sculpteur professionnel dans la restauration de monuments historiques (cathédrales)
  • La lutherie  et les lois d’harmonie (j’ai commencé par bricoler des vieilles guitares achetées dans des brocantes et à les restaurer, à fabriquer des harpes sur un modèle africain que j’avais fait évoluer pour en faire des instruments solides et faciles à accorder)

Puis, vers 26 ans, j’avais plein de droits au chômage et j’ai décidé d’essayer de vivre de ma créativité, de mes passions, de mes loisirs, de mes talents. 

Et toutes les compétences que j’ai pu acquérir depuis mes 17 ans sont les compétences qui me permettent aujourd’hui de vivre de mes recherches, d’avoir un métier qui me passionne, qui donne du sens à ma vie et change le monde, qui me permet de vivre financièrement et de ne plus être esclave d’un système, d’une culture et d’un métier qui ne me vont pas.

Bilan éducation nationale (à eux de recevoir ma note)

Dans la mesure où le peu que j’ai appris à l’école, a été sur de mauvaises bases, trop vite et appris trois à cinq fois plus lentement qu’à mon rythme normal si l’on ne m’avait pas brimé et mis en compétition avec mes semblables, je peux affirmer que l’éducation nationale ne m’a rien apporté de bon !

Je leur donne donc un ZERO pointé pour l’exercice (éducation de Franck Nathié).

Mais je suis quand même heureux d’avoir fait ce parcours, car c’est le mien aujourd’hui et il me va très bien. Je remercie même ma dyslexie de ne pas m’avoir permis d’être formaté comme les autres, car peut-être qu’à l’heure actuelle, j’aurais un job de fonctionnaire et un crédit sur le dos qui tuerait toute ma liberté, ma créativité et ma joie de vivre présentes et je n’aurais pas fait mes recherches pour la permaculture en climat tempéré et pour retrouver du sens à ma vie. Car je n’aurais pas de raison d’essayer de retrouver du sens si je ne l’avais pas perdu.

Dans le fond, tout est parfait !

 

Dysbiose intestinale et apprentissage :

Maintenant que je sais que la dyslexie qui me mettait en retard à l’école par rapport aux autres, était due simplement au fait que je n’avais plus la bonne flore intestinale, il me parait important de le partager !

La dyslexie, la dyspraxie, l’hyperactivité, l’autisme, seraient apparemment (selon de nombreux thérapeutes axés sur la nutrition) dus aux toxines et neurotoxines produites dans l’intestin par des bactéries et levures (type Escherichia coli, colostria, candida albicans, etc.)

Ces êtres sont l’expression du déséquilibre de l’être tout entier (ce ne sont pas de méchantes bactéries qui attaquent d’innocents enfants, c’est plus complexe que çà).

Ce sont de nombreux facteurs qui font que la flore change (comme le sucre raffiné, le gluten industriel, les conservateurs, les vaccins, les antibiotiques, le stress, les virus, les métaux lourds).

Et, petit à petit, l’enfant devient addicte à des aliments qui lui neutralisent littéralement le cerveau.

Cela a été mon cas, et maintenant, cela me saute aux yeux que, une heure après avoir bu du chocolat au lait chaud et mangé des tartines de pain et beurre industriels, je me retrouve dans le même état léthargique qu’à l’école, (impossible de me concentrer, agitation intérieure, je m’ennuie, je n’ai envie de rien faire, je me sens mal dans mon corps et je me sens nul).

La différence c’est que maintenant, je la fais cette fameuse différence alors que petit, je croyais que j’étais débile et j’avais peur d’être vraiment débile alors que j’avais tout simplement mis le mauvais carburant dans le réservoir.

Franck Nathié

 

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