ASSOCIATION LA FORET NOURRICIERE

Permaculture et ecosystemes comestibles

Lettre d'info

INSCRIVEZ-VOUS à notre lettre d'information pour être tenu au courant de notre actualité.

captcha 
« Nous sommes ce que nous pensons; Tout ce que nous sommes résulte de nos pensées. Avec nos pensées, nous bâtissons notre monde. »

Bouddha

Guide pour la conception d'un lieu en permaculture

>> Télécharger le document complet (PDF) : DESIGN Conception d'un lieu en permaculture + Guide pour la conception d'un lieu en permaculture.

>> guide de Design gratuit à télécharger (PDF) : récolter un maximum de renseignements concernant votre lieu et la conception d'un design standard.

 

 

Guide pour la conception d'un lieu en permaculture 

 

Recommandations pour les aspects prioritaires

50 à 98% des projets collectifs (association, entreprise, famille, communauté, groupement foncier agricole, société civile immobilière) ne se réalisent pas, se dissolvent avant d’atteindre leur 5e année d’activité ou dysfonctionnent dans un rapport conflictuel qui transforme un doux rêve en un rude cauchemar ! Ce constat réel est lié à des dysfonctionnements sociaux inhérents à notre culture !!! La majorité des projets ne se réalisent pas ou dysfonctionnent, pour des raisons de conflits structurels dès le départ, de manque de clarté dans la communication, de l’inconscience des besoins fondamentaux, de l’incapacité à gérer les conflits positivement et d’inefficacité dans l’organisation collective et individuelle qui génère frustration et conflits interminables !

 

J’ai pu constater la réalité de ces chiffres dans de nombreux projets d’éco-hameaux, d’associations, d’entreprises, de GFA et autres SCI, dans mes rapports de couple ou familiaux ! C’est ce qui m’a incité à me former à la Communication Non Violente, à la communication transformative, à la gestion des conflits et la médiation, aux techniques d’organisation collective tel que le Rêve du Dragon, l’holacratie, la prise de décision par consensus. Et enfin d’écrire l’ouvrage « Synergie dans les Rapports Humains » de façon à baliser le chemin pour ceux qui souhaitent comme moi créer un monde d’abondance sans qu’il se transforme en cauchemar !!!

 

Questions à se poser avant de lancer un projet

 

Voici une liste générale de questions qui peuvent éclairer la conception d’un écolieu, que ce soit pour des particuliers, un collectif ou un designer. Informations sur les ressources et les données physiques fixes ainsi que sur les données non physiques (rêves, souhaits, besoins, projets à long terme, etc..).

 

Ce dossier devra être complété par des plans, des calques & dessins avec légende ou tout support qui facilite la compréhension du projet pour les propriétaires et leurs interlocuteurs.

 

Il pourra se compléter de recommandations spécifiques pour élaborer la conception.

 

Le projet

Avant de se lancer dans un projet en permaculture, il peut être judicieux de se poser la question de ce que nous allons chercher dans la réalisation de ce projet ; sur quoi il s’appuie ! Quelle est notre intention de départ ? Refaire le monde ? Se mettre au vert ? Construire un monde meilleur ? Lutter contre le capitalisme ? Détruire un monde pourri ? (Être pour un monde meilleur ou contre un monde pourri ???).

 

Ces intentions n’auront pas du tout la même influence sur la viabilité à long terme du projet en fonction de leur énergie profonde (force de destruction individuelle et brutale ou force de co-création sereine et collective). C’est en fonction de ces intentions profondes et souvent cachées, que nous nous trouvons dans la réaction plutôt que dans l’action constructive.

 

Construire un monde meilleur est difficile quand l’impulsion de départ est une force de destruction (être contre) ; dans ce contexte, on sait ce que l’on ne veut pas, mais on ne sait pas vraiment ce que l’on veut ! Les éco hameaux et communautés hippies ont butté et buttent encore sur ce problème. Etre contre un monde pourri dans les jugements et la certitude n’attire pas la même énergie qu’être Pour un monde meilleur dans la créativité !!!

 

Projet clair et concret

Bien souvent, lors des réunions de mise en place d’un projet, les idées sont nombreuses mais peu concrètes. Le listing des activités visées ressemble un peu à une lettre au Père Noël où l’on en met le maximum, sans vraiment avoir conscience de l’énergie qu’il faudra pour les réaliser, car il n’y a que 24h dans une journée et nous n’avons qu’une certaine quantité d’énergie. Ex : (nous on veut faire nos maisons en auto construction, une chambre d’hôte pour la partie financière, de la sensibilisation à l’environnement et des stages pour la partie pédagogique, jardin potager pour les hôtes, éducation à la maison pour les enfants, etc.).

 

Rêver est essentiel pour créer ce genre de projet, mais cela demande beaucoup de conscience, de discipline, d’expérience et de clairvoyance pour réaliser ces rêves.

 

Les facteurs importants pour faire une équation équilibrée sont :

Le Temps + l’Argent + l’Énergie vitale + La joie, La créativité, La « paisibilité ».

 

S’il y a un équilibre entre ces choses, les projets seront réalisables joyeux et évolutifs. S’il manque un de ces facteurs, les projets connaitront des difficultés qui seront peut-être insurmontables.

 

L’Observation

L’observation étant la base qui permet à l’information d’entrer dans notre esprit, elle est fondamentale ! Il y a des milliers de paramètres à observer dans ce qui se passe à l’intérieur de nous autant qu’à l’extérieur avant de toucher à quoi que ce soit ! Car j’agis par rapport à mes croyances et celle-ci change quand j’observe et change de point de vue ! Et si mes croyances changent, mes actions deviennent obsolètes et futiles !

 

Pour ma part, j’ai passé ma vie dans l’urgence et la précipitation (il fallait faire un monde meilleur le plus vite possible) mais l’expérience m’a montré que la vie ne fonctionnait pas comme ça ! Si les arbres étaient pressés, leur vie serait un cauchemar !!!

 

La phase d’observation pour la réalisation d’un projet en permaculture sera très longue (au minimum un an avant de pouvoir commencer à concevoir des plans sur le terrain, (un cycle de saison complet). Sinon on risque de manquer de recul et de ne pas inclure des paramètres importants (ombre, vent, eau, etc.), et de faire des erreurs de conception.

 

Il sera important de répertorier les points fixes du système (Bâtis, chemins d’accès, sources, puits, bâtiments, verger, zones d’ensoleillement et d’ombre, humides et sèches, microclimat, etc.). C’est autour et en fonction de ces points fixes que les éléments « mobiles » (bio filtre, jardin, forêt comestible, serre etc..) seront placés en respectant le principe de zonage.

 

Financement à court moyen et long terme

Le financement d’un projet en permaculture ne peut pas se faire de la même façon qu’un projet agricole classique pour plusieurs raisons : Les gains financiers du système que l’on va créer seront sûrement longs à arriver. La pression économique risque de brûler l’énergie (bonheur, calme, créativité, joie) nécessaire à la mise en place du projet.

 

Le coût et l’avancement du projet peut être divisé en tranches, il sera important de se donner du temps et de limiter la pression financière (cause de stress et de conflits) de manière à financer les premières parties (ex : restauration partielle du bâti et plantation d’arbres et plantes pérennes) qui pourront avoir une influence sur le financement des tranches suivantes (loyer supprimé, fruits & légumes à manger, à vendre ou à transformer).

 

Les coûts de la phase 2 pouvant être couverts par les revenus de la phase 1, ou dans la continuité du projet par la disponibilité périodique de fonds (quitte à aller prendre une activité salariée de façon saisonnière, à louer un logement pendant un certain temps).

 

Le financement du projet devra être conçu en respectant les principes de permaculture (observation du contexte, recherche de possibilités, rentabilité énergétique, recherche d’équilibre, vision à long terme, créativité et ingéniosité, etc.).

 

Le fait de financer le projet sur le long terme par tranches pourra permettre d’avoir du temps pour acquérir les compétences et informations nécessaires à sa réalisation (éco construction en récup’, technique agricole, communication non violente, soin émotionnel, etc.). C’est bien souvent lors de stages de formation que l’on rencontre les personnes ou les informations indispensables à la réalisation du projet.

 

Ne pas miser sur l’agro-alimentaire pour financer le projet

(c’est mon conseil !)

« Celui qui contrôlera l'alimentation des humains, contrôlera le monde »

 

Étant donné que la production alimentaire en Occident est le moyen le plus efficace de diriger les humains (le nerf de la guerre, c’est la nourriture), la nourriture est volontairement vendue à perte (j’ai vu des carottes à 1euro les 3 kg à l’étalage, donc pratiquement rien pour l’agriculteur) et on remonte le pouvoir d’achat des agriculteurs productivistes industriels avec les subventions, ce qui permet d’éliminer tous les agriculteurs qui ne sont pas productivistes ou les contraint à la pauvreté ! Dans la mesure où l’agroalimentaire écologique est un forfait -14 heures de travail par jour pour moins que le SMIC-, je vous déconseille de financer votre projet par ce biais !

 

On peut se donner pour mission de nourrir les autres, quitte à distribuer des fruits et légumes gratuitement ou à les vendre le vrai prix qu’ils valent (mais c’est dur car le consommateur n’a pas conscience du réel prix en temps que cela coûte ! Mais il est prudent de puiser l’eau, là elle coule facilement, plutôt que sur un robinet fermé ! Les formations, les visites de jardin, les média, les plantes à vendre font parties des biens et services qui ne sont pas aussi contraints que la production alimentaire !

 

Mise en œuvre et acquisition de compétence pour la réalisation du projet

Où commencer ? Quels sont les éléments prioritaires de la conception ? Comment diviser en parties qui tiennent compte des capacités physiques et financières des installateurs.

 

Les phases initiales de la conception peuvent inclure un programme d'apprentissage pour les participants au projet. Elles peuvent aussi inclure les aspects légaux, la mise en place d'une structure permettant de modifier le statut légal afin qu'une partie de la mise en œuvre soit consacrée à cette dimension légale.

 

Cela peut être aussi l’acquisition d’outils, de matériaux, de techniques de construction, de production, etc., d’outils de communication, de soins et thérapies qui permettent d’être plus « zen ». (9 projets sur 10 échouent à cause des conflits, qui sont neuf fois sur dix dus à des conflits et blessures intérieurs qui ne sont pas soignés).

 

Le facteur humain est le facteur prioritaire à prendre en compte car c’est le soubassement de toutes les constructions futures, si notre « intérieur » est instable, la construction le sera d’autant plus.

 

Maintenance

La maintenance d’un système en permaculture est un point capital de la rentabilité énergétique de ce système. Si l’on ne prévoit pas à l’avance de limiter nos interventions, le débordement est à craindre.

 

Le planning de maintenance du système, à court, moyen et long terme devra être conçu dans une optique de rentabilité énergétique. Selon le contexte et les possibilités, il sera important de concevoir ce planning avant que la conception ne soit entièrement appliquée, mais ce n’est pas toujours facile car on manque souvent de recul « c’est en forgeant qu’on devient forgeron», mais mieux vaut être guidé par quelqu'un d’expérimenté pour éviter les découragements.

 

Il ne faut pas hésiter à prendre le temps et à faire des kms pour visiter des lieux qui fonctionnent et qui ont du recul. Le planning de maintenance deviendra alors plus concret et plus facile à réaliser.

 

Créer un lieu

 

Créer un lieu en permaculture, c’est l’art de créer de l’entraide entre les éléments, plutôt que la compétition et la nuisance. C’est créer le jardin d’Éden en soi et autour de soi quelles que soient la taille et les spécificités du lieu (désert, montagne, campagne, ville!).

 

C’est créer un système dans lequel tout (ce qui est à notre portée) a été pensé et agencé consciencieusement, de sorte que les lieux puissent nourrir le maximum d’êtres vivants dans une agradation (inverse de dégradation) de la biodiversité et d’une rentabilité énergétique optimale.

 

Cela consiste à apporter à la nature ce dont elle a besoin, de façon à ce quelle puisse combler les nôtres en retour. Cela consiste à utiliser (à bon escient) ce que la vie nous donne (soleil, vent, minéraux, eau, végétaux, animaux, etc.), pour vivre en harmonie ensemble.

 

Pour ce faire il est impératif d’être curieux, d’apprendre et de combler nos lacunes sans cesse, on ne peut pas être suffisant !

 

Démarche pour créer un lieu en permaculture :

 

  • Se « former » à la Permaculture, pour comprendre son environnement dans une appréhension globale (pédogenèse, phytosociologie, climatologie, minéralogie, morphologie, allélopathie, sociologie, éco-construction, etc.) sous forme de stages, de rencontres, d’échanges, de livres, de DVD, de recherches Internet, de visites de lieux, etc. 
  • Observer précisément pour faire l’inventaire des ressources et des spécificités de votre lieu (ensoleillement, pluviométrie, vent, zones humides, zones sèches, bois, variétés sauvages (comestibles, greffables, bio-indicatrices, bilan écologique qui consiste à observer les espèces fragiles, etc.). 
  • Faire l’inventaire des ressources extérieures au lieu dont vous pourriez disposer (bois mort, broyats de la DDE, feuilles mortes, paille pourrie des paysans, plantes, aide matérielle ou financière, débouché et activité économique etc.). 
  • Expérimenter au fur et à mesure que l’on apprend (botanique, cuisine sauvage, greffage, mulch, éco-construction, etc.) sous forme de stage pratique, ou bien si on lit, il faut rapidement mettre en pratique pour pouvoir « intégrer » l’information et changer son quotidien. En quelque sorte, il ne faut pas manger plus d’informations que ce que l’on peut digérer par l’expérimentation !
  •  Observer, observer, observer, chercher à « voir » ce qui peut être fait, à voir les conséquences de nos pensées, de nos designs ! 
  • Faire une conception (Design) qui tentera d’optimiser, de dynamiser les énergies, les ressources diverses que l’on aura acquises, de façon à zoner ou agencer le lieu de la manière la plus intelligente possible (cette phase est presque infinie, on ne s’arrête jamais car on peut presque toujours améliorer un système et il y a souvent des changements de nos besoins ou de nos connaissances). Il est important de faire des dessins, croquis, des calques superposables, maquettes pour s’exercer à concevoir.
Copyright © 2017 Association La Forêt Nourricière, Franck Nathié - Tous droits réservés
Joomla! est un Logiciel Libre diffusé sous licence GNU General Public